Les émotions (2° partie : la colère)

Après le premier article qui traitait de la peur, nous allons examiner une autre émotion souvent vécue comme perturbante :

la colère

« Les effets de la colère sont beaucoup plus graves que les causes. »

Marc-Aurèle

La colère est une émotion souvent considérée comme négative et destructrice. Je l’ai moi-même considérée comme éminemment dangereuse et menaçante pendant très longtemps.

Aujourd’hui j’ai la certitude que ce n’est pas la colère qui est destructrice mais ce qu’on en fait de cette émotion ; c’est donc bien l’expression de cette colère qui sera complètement destructrice :

  • si elle est utilisée contre les autres en employant l’agressivité, la rage ou la fureur
  • si l’énergie qu’elle génère n’est pas utilisée, et se retourne contre la personne qui la ressent.

Or la colère est une émotion qui nous permet de nous connecter à notre force intérieure, elle est porteuse d’un message précis de notre inconscient : « La situation que tu es en train de vivre ne te convient pas du tout, pose une action pour sortir de là ! »

La colère nous apporte l’énergie pour :

  • poser des limites et les faire respecter par notre interlocuteur
  • poser une action pour sortir de la situation qui ne nous convient pas

 

En effet notre inconscient nous demande rarement de démolir notre interlocuteur que ce soit physiquement ou verbalement sauf en cas de danger réel immédiat (exemple : vous êtes victime ou témoin d’une agression) ; dans ce cas là, la colère va provoquer une montée de cortisol et d’adrénaline qui va démultiplier votre force pour vous permettre d’agir.

Il faut reconnaître que nos conditions de vie ont beaucoup changé depuis l’apparition de l’homme sur terre, et nous avons rarement à faire face à notre époque à des attaques d’animaux sauvages, ou de bandits de grands chemins. Or notre cerveau continue d’apporter les mêmes réponses que dans les temps anciens ; il nous envoie un signal de danger en confiant la gestion de la situation à notre cerveau archaïque, court-circuitant au passage notre cortex, c’est à dire nos capacités de réflexion, pour nous permettre de nous battre ou de fuir plus efficacement.

Si nous restons en colère durant un certain temps, c’est vraisemblablement que nous n’avons pas posé d’action pour sortir d’une situation, car nous n’avons pas pu ou pas su le faire et nous avons de ce fait subi la situation.

Cette colère persistante est normalement dirigée vers notre agresseur et nous la maintenons dans le but d’obtenir une réparation ou la reconnaissance de notre condition de victime.

 

« Rester en colère, c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un ; c’est vous qui vous brûlez. »

Bouddha

Cependant garder une colère en nous est destructeur pour nous-même, car nous finissons par la retourner contre nous, même si elle est exprimée à nos interlocuteurs contre l’agresseur. Dans tous les cas elle nous renvoie une image de victime et elle nous confronte à notre impuissance, ce qui est éminemment perturbant, et qui s’avère complètement destructeur pour notre estime de nous-même.

Et si nous avons utilisé l’énergie que nous a apportée notre colère pour réagir en la laissant éclater sous forme de colère fracassante ou de colère froide et assassine, nous sommes nous-même devenus l’agresseur et avons envenimé la situation sans y apporter de solution. Et le risque est de provoquer soit une surenchère de violence, soit un épisode de culpabilisation pour s’être laissé emporter et avoir prononcé des mots qui ont de très loin dépassé notre pensée (quoique « après tout, il l’a bien cherché » nous murmure une petite voix qui tient à nous dédouaner).

Mais si notre colère est devenue si forte et si difficile à contrôler, c’est qu’il est vraisemblable que nous avons laissé une situation désagréable s’installer sans poser les actions pour en sortir. Et les messages de notre inconscient sont devenus de plus en plus plus forts au point de nous transformer en cocotte-minute risquant à tout moment d’exploser.

 

La colère bien comprise nous aide, par l’énergie qu’elle nous donne, à poser une vraie action qui va nous permettre de sortir de la situation perturbante, dès les premiers signes.

C’est elle qui va nous donner le courage d’aller parler à notre responsable hiérarchique pour enfin demander l’augmentation qui nous passe sous le nez tous les ans, ou pour aller voir notre voisin et clarifier une situation trouble…

C’est elle aussi qui va nous pousser à prendre la parole en réunion pour donner notre point de vue en nous faisant oublier les nombreux participants et notre réserve habituelle…

C’est elle aussi en cas de maltraitance qui va donner le courage de partir en quittant son foyer pour préserver sa vie ou celle de ses enfants, oubliant la peur de ce qui va se passer après …

« Considérez les occasions où votre chagrin et votre colère vous ont causé plus de souffrances que les faits eux-mêmes. » 

Marc-Aurèle

 

Alors faisons en sorte de comprendre le message de la colère et d’utiliser au mieux l’énergie qu’elle nous apporte pour poser les actions nous permettant de mettre fin à cette situation perturbante.

les-ressources-insoupconnees-de-la-coleresEt j’aime beaucoup l’approche de Marshall Rosenberg dans son petit fascicule « Les ressources insoupçonnées de la colère : Approche de la communication non violente » que je viens de lire et que je vous recommande chaudement (il coûte 4.95 €, dans la collection Jouvence)

 

  • 1- Définir clairement le déclencheur, sans y ajouter sa propre évaluation ou son propre jugement
  • 2- Prendre conscience que c’est notre évoluation – jugement moraux – qui provoque la colère
  • 3- Rechercher le besoin insatisfait à l’origine de notre colère
  • 4- Engager le dialogue avec l’autre, un fois que notre colère est transformée en d’autres sentiments (émotions)

Et si le niveau de stress est trop important, pour trouver quelle action poser, je vous suggère de vous reporter à l’article sur la respiration pour le faire baisser et retrouver les capacités de réfléchir et être en mesure de poser les actions adéquates.

Et si vous n’avez pas trouvé comment sortir de la situation qui la génère, rappelez-vous qu’un coach peut vous donner un coup de main.

Et pour vous apprendre à mieux gérer nos émotions, je vous propose un atelier par skype durant 3 mois :

Pour découvrir les autres émotions 

Les émotions (1°partie )

Les émotions (3°partie : La peur)

Les émotions 4° partie : les autres émotions

 

Pour découvrir ce que disent mes collègues de la colère

Emotions: comprendre la colère

La colère, paravent du même pas peur, même pas mal

13 thoughts on “Les émotions (2° partie : la colère)”

  1. Je ne peux que m’inscrire dans le même regard sur la colère. Je la perçois également comme une énergie qui est détournée car récupérée par notre égo. Selon notre propre état intérieur, l’égo utilise l’énergie de la colère pour produire de l’agressivité par exemple, tournée vers autrui, ou à l’inverse tournée vers soi par des actions et des pensées autodestructrices. Merci beaucoup Marie-Pierre pour ton article 🙂

    1. Ouppps la colère n’est absolument pas synonyme d’agressivité et j’adore le bouquin de Marchal Rosenberg père de la communication non violente qu’on ne peut pas soupçonné de promouvoir l’agressivité Les ressources insoupçonnées de la colère : Approche de la communication non violente
      Je voulais aller voir ton site avant de te répondre mais je n’ai pas eu le temps malheureusement ; mais je vais le faire 🙂

  2. Coucou Marie-Pierre,

    Bravo, pour ta vidéo, et ton site, tu as bien travaillé, c’est très parlant et ça donne envie d’aller te voir.
    Je te souhaite une belle réussite avec beaucoup de clients.
    Je t’embrasse

    Marie -Christine

  3. A lire également des articles très intéressants touchant aux émotions, et leur importance dans notre vie :
    – « Exprimer ses émotions » http://oseal.fr/blog/emotions/
    – « le Cycle du changement intérieur » http://www.kolibricoaching.com/motivation-neurosciences/le-cycle-du-changement-interieur/
    – « Prise de décisions et émotions » http://www.kolibricoaching.com/leadership/prise-de-decision-et-emotions/
    – « Je ne veux plus manager » http://www.kolibricoaching.com/management-durable/je-ne-veux-plus-manager/
    – « Emotions et culpabilisation » http://www.ithaquecoaching.com/articles/emotions-et-culpabilisation-978.html

  4. Aaah, cette colère dont nous ne savons pas toujours quoi faire! En effet, elle est porteuse d’énergie qui pousse à l’action tout autant que de messages intéressants (même si pas toujours lisibles au premier abord) sur nos valeurs, nos limites et le besoin de les affirmer.
    Et dès qu’on commence à la percevoir d’une façon plus bienveillante, elle commence à s’apaiser;)
    Alors oui, respirer pour éviter que la cocotte minute nous explose à la figure, et agir sur ses besoins;)

  5. La colère est un beau cadeau. Ça permet de s’occuper de nos blessures. Lorsque une personne nous mets en colère c’est quelle vient jouer dans nos blessures et c’est contre nous que nous sommes en colère. De penser que c’est l’autre qui provoque cette colère, c’est la raison facile pour ne pas prendre soins de nous. La façon de calmer cette colère c’est d’être à l’écoute de ce qui ce joue en nous et d’en prendre soins.

    1. Complètement d’accord avec ce que tu dis. Merci beaucoup pour cette précision Guy.
      La colère nous apporte une information qui nous concerne personnellement et qui ne concerne pas la personne qui se trouve en face de nous.
      Vraiment d’accord à 100 % !
      Très cordialement
      Marie-Pierre

  6. Bonjour Marie-Pierre

    Ton résumé de la colère est très juste, dans le cadre de mon activité de naturopathie je suis confrontée à des personnes en colère contre elles-mêmes et je fais une séance de relaxation (ce qui n’est pas mon travail mais j’estime indispensable) pour entrer dans le vif du sujet qui est pour moi : l’hygiène de vie principalement : alimentation, stress etc….

    C’est pour çà que je vais aller voir tes ateliers car j’ai des outils pour calmer le jeu pendant mon rendez vous mais ensuite il faut que les personnes se prennent en main…..même moi quand je suis en colère contre moi parce que je n’arrive pas à obtenir ce que je veux, car avec les patients tu donnes tout pour essayer de dénouer leurs difficultés et çà ne suit pas par manque d’investissement personnel….

    Je vais aller voir tes ateliers sans faute……merci !

  7. Merci Patricia, oui ça peut surprendre d’ailleurs je n’ai pas encore complètement convaincu mon mari sur le sujet ; j’ai beau lui expliquer que s’il lui arrive de temps de parler un peu trop vivement lorsqu’il est en colère (à son grand dam), c’est qu’il a trop attendu pour poser une action ; pour l’instant, il doute encore (mais bon en même temps, c’est mon mari, il n’attend pas spécialement de moi, que je l’aide à voir clair dans ces ressentis).
    Cependant, je vérifie ça régulièrement avec mes coachés (et pas plus tard que cet après-midi), la colère est un vrai message auquel ils ne réagissent pas toujours immédiatement en pensant que ce n’est pas si grave que ça et que ça va aller ; mais en général s’ils acceptent la situation, ça va rarement très loin.
    Donc, j’enlève délicatement tous les coussins qu’ils ont mis sur leur ressenti et je les confronte à leur colère et là je peux te dire qu’ils ont vraiment envie de sortir de la situation qui a causé ce ressenti.
    Dis-moi tu as un truc pour jouer les passe-murailles ? Car ton commentaire est apparu sans que j’ai besoin de le valider !

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